Mon coeur mis a nu


Ich habe lange gewartet, bis ich für die Singstimme komponierte, da sie der komplizierteste, der komplexeste musikalische Klangkörper ist; nicht zuletzte mußte ich einen Weg finden, prinzipiell alle phonetischen Möglichkeiten notierbar zu machen (was äußerst schwierig ist, wenn man jedwede Ähnlichkeit mit natürlichen Sprachen vermeiden will), da ich die Singstimme wie ein musikalisches und nicht wie ein sprachliches Instrument behandeln möchte. Trotzdem habe ich einen Text gewählt, aus Baudelaires Mon cœur mis à nu überschriebenem Teil seiner Tagebücher, dem ich 15 Textfragmente entnahm. Um einer konventionellen Textvertonung zu entgehen, habe ich folgenden Weg gewählt: Die Auswahl wurde in der Übersetzung getroffen, dann wurde der französische Originaltext als Ausgangsquelle hinsichtlich seiner Phonetik benutzt, allerdings als ob es sich um einen deutschen Text handelte. Das dadurch gewonnene phonetische Material wurde nach musikalisch immanenten Gesichtpunkten kompositorisch umgesetzt. Formal besteht das Werk auch 15 (teilweise überlappenden) Mini-"Madrigalen", die die verschiedenen Besetzungsvariationsmöglichkeiten vom Solo bis zum Quartett durchspielen und deren Charakteristik der Semantik des Text folgt (ohne ihn allerdings formal, syntaktisch o. ä. zu vertonen). Ironische und humoristische Implikationen sind erwünscht. Das mag auch die Verwendung von je einem Claves-Paar pro Spieler unterstützen. Das Stück entstand im Sommer 1997 und ist den Musikern von ExVoCo gewidmet, die es mit finanzieller Unterstützung des Ministeriums für Wissenschaft, Forschung und Kunst Baden-Württemberg in Auftrag gaben. Claus-Steffen Mahnkopf Texte (aus: Charles Baudelaire, Journaux intimes, in: Œuvres complètes, Èditions Robert Laffont, Paris 1980) I Il faut travailler, sinon par goût, au moins par désespoir, puisque, tout bien vérifié, travailler est moins ennuyeux que s'amuser. (409) II Ne pouvant pas supprimer l'amour, l'Église a voulu au moins le désinfecter, et elle a fait le mariage. (412) III Un Dandy ne fait rien. (410) IV Il y a dans l'acte de l'amour une grande ressemblance avec la torture, ou avec une opération chirugicale. (395) V La maigreur est plus nue, plus indécente que la graisse. (391) VI Sentiment de solitude, dès mon enfance. Malgré la famille, - et au milieu des camerades, surtout, - sentiment de destinée éternellement solitaire. [-] Cependant, goût très vif de la vie et du plaisir. (408) VII Le goût de la concentration productive doit remplacer, chez un homme mûr, le goût de la déperdition. (389) VIII Les airs charmants [dans la femme] et qui font la beauté sont : L'air blasé, l'air de domination, l'air ennuyé, l'air de volonté, l'air évaporé, l'air méchant, l'air impudent, l'air malade, l'air froid, l'air de regarder en dedans, l'air chat, enfantillage, nonchalance et malice mêlés. (395) IX Tout enfant, j'ai senti dans mon cœur deux sentiments contradictoires, l'horreur de la vie et l'extase de la vie. [-] C'est bien le fait d'un paresseux nerveux. X Il serait peut-être doux d'être alternativement victime et bourreau. (405) XI Défions-nous du peuple, du bon sens, du cœur, de l'inspiration, et de l'évidence. (416) XII La vie n'a qu'un charme vrai ; c'est le charme du Jeu. Mais s'il nous est indifférent de gagner ou de perdre? (392) XIII Être un homme utile m'a paru toujours quelque chose de bien hideaux. (407) XIV Il y a des peaux carapaces avec lesquelles le mépris n'est plus une vengeance. (392) XV J'ai trouvé la définition du Beau, - de mon Beau. C'est quelque chose d'ardent et de triste, quelque chose d'une peu vague, laissant carrière à la conjecture. ... Le mystère, le regret sont aussi des caractères du Beau. (394)

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